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Questions d'actualité - Ségolène Royal

Le potentiel de vote de Ségolène Royal
Les thèmes incitant à voter ou à ne pas voter pour Ségolène Royal




LA STRUCTURE DE L'ÉLECTORAT
POTENTIEL DE SÉGOLÈNE ROYAL

Six Français sur dix jugent envisageable de
voter pour Ségolène Royal lors de la prochaine
élection présidentielle, si elle est candidate.
Face à eux, un tiers rejettent complètement
cette possibilité.
La proportion de ceux qui pourraient « certainement
» voter pour elle passe de 16%
chez les hommes (38% «en aucun cas ») à
19% chez les femmes (31% « en aucun cas
»). Elle est particulièrement élevée parmi les
cadres et professions intermédiaires du secteur
public, réservoir de voix de gauche, où
elle est de 21%, plutôt faible chez les ouvriers
et employés (16%), encore davantage chez
les salariés du privé dans leur ensemble
(15%, au lieu de 19% dans le public). On
n'observe pas d'effet de diplôme (18% que
l'on ait ou non le bac), ni d'effet d'âge bien
marqué. Au niveau géographique, on peut
relever un meilleur score en région parisienne
(20%) et dans l'ensemble Sud-Ouest
(21%).
Politiquement, 44% des sympathisants socialistes,
28% de ceux du PCF, 21% de ceux
des Verts et 18% de ceux de LO / LCR expriment
cette opinion, et 10% de ceux qui
ne déclarent aucune proximité partisane
particulière – à l'UDF, seuls 3% envisagent
comme certaine cette possibilité, contre 48%
qui pensent simplement qu'ils le pourraient
« peut-être » (soit tout de même 51% de réponses
positives, au lieu de 28% dans le cas
de l'UMP), et 48% qui la récusent totalement
(68% à l'UMP).
Pour ceux qui ne pourraient « en aucun cas
» voter pour Ségolène Royal, au delà des
indications déjà fournies, on note un effet
d'âge important (17% chez les 18-24 ans,
33% chez les 25-64 ans, 47% chez les 65
ans et plus) et, à l'inverse, une certaine retenue
des travailleurs indépendants, inhabi-
tuelle dans cette catégorie lorsque une personnalité
de gauche est testée (20% seulement
de réponses « en aucun cas »). De
manière inattendue, les détenteurs d'un diplôme
équivalent ou supérieur à un bac+2
sont assez réticents (37%, au lieu de 33%
chez les non-bacheliers). Enfin, seuls 6%
des sympathisants socialistes excluent totalement
un tel vote.

FACTEURS DE CHOIX OU DE REJET

L'avantage d'être une femme pour bénéficier
de l'attention de l'opinion est confirmé.
Parmi la catégorie de ceux qui « pourraient
peut-être » voter pour Ségolène Royal, la
plus intéressante, cet atout est encore plus
avéré (71% contre 18%). Il en va de même
de ses positions sur la morale (69% contre
21% dans cette même catégorie). A l'inverse,
parmi ces 41% de Français qui voteraient
« peut-être » pour elle, sa manière
de présenter sa vie de famille passe assez
mal (cela inciterait 44% d'entre eux à voter
pour elle, contre 41% chez qui cela aurait
un effet inverse).
Ses positions en matière de morale joue
pour elle parmi les femmes (60% contre
27%) plus que parmi les hommes (51%
contre 35%). Notons que cela lui est bénéfique
tout particulièrement parmi les 18-24
ans (61% contre 27%), ce qui confirme les
enseignements de différentes enquêtes récentes
sur les valeurs des Français, montrant
un certain « appel à l'ordre » chez les
jeunes. Les ouvriers apprécient aussi (57%
contre 25%). Les non-bacheliers (57% contre
30%) y sont plus sensibles que les bac+2
(53% contre 34%). Ségolène Royal a trouvé
là un remarquable outil de conviction parmi
les catégories populaires.
Son comportement à l'intérieur du PS ne
soulève pas d'objection particulière, en tout
cas chez les sympathisants socialistes (77%
contre 12%).
En matière économique et sociale, son image
de gauche lui assure une certaine faveur chez
les revenus les plus modestes, et symétriquement
une forte réticence chez les plus aisés.
51% des ouvriers et employés se disent plutôt
incités à voter pour elle sur ce point (contre
34%), ce qui n'est le cas que de 39% (contre
49%) des cadres/artisans/commerçants/
chefs d'entreprise et professions libérales.
De la même manière, son parcours ministériel
et politique est lu avant tout selon des critères
partisans, ce qui lui assure un fort soutien
parmi les sympathisants socialistes, mais
aussi plus largement à gauche.
Sa façon de présenter sa vie de famille (36%
contre 47%) joue pour elle parmi les femmes
(40% contre 43% de jugements négatifs) plus
que parmi les hommes (32% contre 51%).
Plus on est diplômé, moins cela plait (31%
contre 52% chez les bac + 2, au lieu de 39%
contre 42% chez les non-bacheliers). De
même, plus les revenus du ménage sont élevés,
moins on apprécie cela.
Bénéficiant mécaniquement sur certains dossiers
essentiels de la crédibilité plus forte de
la gauche, Ségolène Royal parvient, grâce à
un discours dissonant dans son camp sur
d'autres thèmes, à intéresser au-delà des
catégories sociales ou générationnelles acquises.
En retour, sa popularité personnelle
globale semble générer de la crédibilité particulière
en des domaines où l'opinion ne l'a
sans doute pas encore beaucoup entendue.

Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion




Sondage réalisé :
  • . du 19 mai 2006 au 20 mai 2006

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