Observatoire des personnalités politiques - Janvier 2006
Nicolas Sarkozy
INTENTIONS DE VOTE À L'ÉLECTION
PRÉSIDENTIELLE : NICOLAS
SARKOZY MAINTIENT SON AVANTAGE
Les hypothèses d'intentions de vote à l'élection
présidentielle réalisées par l'institut BVA
pour Le Figaro et LCI présentent les particularités
suivantes :
· La proposition aux interviewés, selon
les hypothèses, de l'une ou l'autre des deux
personnalités les plus fréquemment citées
comme meilleur candidat possible pour le
Parti socialiste, Lionel Jospin ou Ségolène
Royal ;
· La présence simultanée de Nicolas
Sarkozy et de Dominique de Villepin au premier
tour ;
· Le test, pour deux des quatre hypothèses
de premier tour, d'une candidature de
José Bové, dans une situation où les Verts,
le Parti communiste et la LCR s'abstiendraient
de présenter un autre candidat.
Le premier enseignement consiste en la situation
actuellement très dominée de la gauche,
dont le candidat rassemble au second
tour, selon les hypothèses, entre 45% (L. Jospin
contre D. de Villepin) et 49% (S. Royal
contre N. Sarkozy) des intentions de vote.
A droite l'écart demeure pratiquement inchangé
entre Nicolas Sarkozy et Dominique
de Villepin, le Premier ministre ne recueillant
qu'une intention de vote sur dix au premier
tour. Au sein des sympathisants UMP, le rapport
entre les deux hommes est aussi déséquilibré,
Nicolas Sarkozy en attirant environ
7 sur 10 sur son nom, et Dominique de
Villepin seulement 2 sur 10. Au second tour,
si Dominique de Villepin fait de meilleurs
scores que Nicolas Sarkozy principalement
parmi les femmes, les jeunes, les salariés du
public, les sympathisants UDF et les diplômés,
il réalise globalement, à un point près,
la même performance que le Ministre de l'Intérieur
Le résultat obtenu par Ségolène Royal est
supérieur à celui enregistré lorsque Lionel
Jospin est testé, de 3 à 4 points au premier
tour, de 3 points au second tour. Se trouve ici
confirmée, par rapport à une précédente enquête
BVA pour Le Figaro et LCI présentée
dans l'émission « Questions qui fâchent » le
6 octobre 2005, l'attraction exercée sur les
sympathisants écologistes par une éventuelle
candidature de Ségolène Royal. En revanche,
il n'existe pas entre les deux personnalités
socialistes testées de différence substantielle
de performance parmi les hommes et les femmes.
En d'autres termes, l'effet « Ségolène
Royal » semble très lié à l'idée d'une candidature
« alternative », dans toute l'ambiguïté
du terme.
La possibilité que José Bové puisse générer
un mouvement autour de son éventuelle candidature
demeure ; cependant, avec 8 à 9%
des intentions de vote, il recueille dans cette
enquête un score inférieur à la somme des
trois candidats qui ont été pour cela retirés
de la compétition (le cumul des intentions de
vote pour les candidat LCR, PCF et Verts atteignant
11%). Cette situation tient largement
à l'absence d'intérêt que lui manifestent les
sympathisants socialistes en termes d'intentions
de vote.
LA DIFFÉRENCE POLITIQUE DU
MINISTRE DE L'INTÉRIEUR RÉELLE
POUR L'OPINION
Selon les Français, le meilleur candidat pour
l'UMP à la présidentielle de 2007 serait clairement
Nicolas Sarkozy (43%), devant Dominique
de Villepin (38%), les défenseurs d'une
candidature de Jacques Chirac ne faisant ici
que de la figuration (9%). L'avance du Ministre
de l'Intérieur sur Dominique de Villepin est
de 35 points parmi l'ensemble des sympathisants
de droite, et de 43 points parmi les seuls
sympathisants de l'UMP, soit, chez ces derniers,
par rapport à l'enquête menée en octobre
dernier, un résultat stable, à trois points
près.
La crédibilité personnelle de Nicolas Sarkozy,
comparée à celle de Dominique de Villepin,
est très largement dominante en matière de
lutte contre l'immigration clandestine et de
maintien de l'ordre et de la sécurité. En la
matière, l'opinion considère que la délinquance
a été plutôt moindre qu'augmentée
depuis son arrivée place Beauvau il y a bientôt
quatre ans. Très fort à droite (47%), ce sentiment
n'est que faiblement contesté à gauche
(21%).
Si le Premier ministre apparaît plus crédible
en matière de lutte contre le chômage, de garantie
du système de sécurité sociale et de
relance de la construction européenne, on
constate une situation assez équilibrée pour
ce qui est de la réduction du déficit de l'Etat et
de la mise en oeuvre d'une grande politique
économique et sociale. Sur ces deux derniers
sujets, très sensibles à droite, Nicolas Sarkozy
apparaît plus crédible aux yeux de six sympathisants
de droite sur dix.
La modernisation du fonctionnement de la vie
politique constitue une autre zone de force
dans l'opinion du discours de Nicolas
Sarkozy : 50% des Français, et 69% des sympathisants
de droite, lui font davantage confiance
qu'à Dominique de Villepin pour la réaliser.
Les réformes institutionnelles que seraient
la démission forcée du Président de la
République en cas de revers électoral pour
des scrutins qu'il aurait initiés, l'interdiction qui
lui serait faite d'exercer sa charge au delà de
deux mandats, ou bien la possibilité et l'obligation
pour lui de soumettre sa politique au
vote des députés reçoivent un accueil favorable
dans l'opinion. A l'inverse, l'extrapolation
de la logique du quinquennat qui aboutirait à
une implication plus directe du Président de
la République dans la direction de la politique
gouvernementale soulève une forte réticence.
Au final, une majorité absolue des Français
(53%) considèrent que le programme
de Nicolas Sarkozy et celui de Dominique
de Villepin en vue de l'élection présidentielle
de 2007, seraient différents, sentiment
que partagent plus encore les sympathisants
de l'UMP (57%).
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion