L'observatoire des personnalités politiques - Octobre 2005
Jean-Louis Debré
NTENTIONS DE VOTE À L'ÉLECTION
PRÉSIDENTIELLE : DOMINATION
DE LA DROITE AU SECOND TOUR,
ET DE NICOLAS SARKOZY AU
PREMIER
La mesure des intentions de vote des Français
à l'élection présidentielle, confrontés à
différentes offres politiques hypothétiques,
apporte principalement les enseignements
suivants :
En dépit des difficultés rencontrées par la
politique gouvernementale dans l'opinion, et
à rebours du résultats des élections intermédiaires
de 2004, la gauche apparaît largement
dominée, rassemblant entre 38% et
41% des intentions de vote au premier tour,
et entre 41% et 49% au second.
La dynamique positive que connaît le Premier
ministre dans l'opinion le situe à un niveau
équivalent à celui de Nicolas Sarkozy
au second tour, mais dans les conditions testées
ici, il serait douteux qu'il puisse y parvenir,
tant il est distancé au premier tour par
le leader de l'UMP.
A gauche, il existe un «effet Ségolène
Royal» manifeste, au premier comme au second
tour. Notons aussi que la comparaison
entre la performance de Dominique Strauss-
Kahn et Laurent Fabius tourne nettement à
l'avantage du maire de Sarcelles au premier
tour, les deux anciens ministres de l'Economie
réalisant des scores très proches au
second, et également décevants.
Par ailleurs, la vitalité de l'extrême gauche
se confirme, et plus particulièrement la prédominance
du porte-parole de la LCR, Olivier
Besancenot. Il n'en va pas de même à
l'extrême-droite, mais l'on sait que l'influence
électorale de Jean-Marie Le Pen
apparaît toujours relativement modeste lorsqu'elle
mesurée hors campagne.
LES SYMPATHISANTS DE DROITE
FONT D'ABORD CONFIANCE À
NICOLAS SARKOZY, DONT ILS
MINORENT LES DIVERGENCES
PAR RAPPORT À DOMINIQUE DE
VILLEPIN
De fait, pour les Français, le meilleur candidat
de l'UMP à la présidentielle de 2007
serait Nicolas Sarkozy. Encore faut-il souligner
que l'avance somme toute modeste
du Ministre de l'Intérieur devant Dominique
de Villepin lorsque l'on considère l'ensemble
de l'opinion publique (8 points), devient
massive quand on s'intéresse aux réponses
des seuls sympathisants de droite (35
points), et plus encore parmi les sympathisants
de l'UMP (44 points).
De manière générale, les sympathisants
de droite ont plus que les autres tendance
à penser que Dominique de Villepin et Nicolas
Sarkozy ont, sur les différents sujets
testés, «à peu près les mêmes positions».
Les deux points de divergence
majoritairement identifiés par l'opinion, y
compris à droite, sont «la question de l'immigration
et de l'intégration des étrangers»
(60% des Français considèrent que ces
deux personnalités ont des positions différentes
à ce sujet) et l'entrée de la Turquie
dans l'Union européenne (50%). Pour
autant, ils ne jugent pas illégitimes les «petites
phrases» du Président de l'Assemblée
Nationale au sujet de Nicolas Sarkozy,
signe d'une certaine tolérance à la compétition
des personnes au sein de la majorité.
La crédibilité comparée dans l'opinion de Nicolas
Sarkozy et de Dominique de Villepin
apparaît naturellement très influencée par leur
situation institutionnelle. Aussi les Français
font-ils plus confiance au ministre de l'Intérieur
pour «assurer l'ordre et la sécurité»
(76%) et pour «lutter contre l'immigration clandestine
» (74%). Nicolas Sarkozy apparaît
aussi plus crédible pour «moderniser le fonctionnement
de la vie politique» (48% contre
35%) et «réduire le déficit de l'Etat» (43%
contre 37%). A l'inverse, sur les autres sujets,
Dominique de Villepin est jugé plus crédible,
notamment pour «relancer la construction
de l'Europe» (57% contre 26%). Il est cependant
à noter que sur tous les sujets testés,
à l'exception de celui-ci et de «l'avenir
du système de sécurité sociale et des retraites
», la confiance des sympathisants de
droite va davantage à Nicolas Sarkozy qu'à
Dominique de Villepin.
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion