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L'observatoire des personnalités politiques - Février 2005

Le 17 Février 2005

Nicolas Sarkozy

Une présidentiabilité guère contestée

Bien au-delà des sympathisants de l'UMP (91%), les Français pensent très majoritairement que Nicolas Sarkozy ferait un bon Président de la République
(57% contre 39%). Ce jugement est très largement diffusé dans les différentes catégories de la population, au point que même dans celles les plus
rétives, il est exprimé par des minorités très significatives : 37% parmi les sympathisants de gauche, 46% chez les salariés du secteur public et 47% parmi les ouvriers. Notons que cette qualité lui est reconnue par une majorité des électeurs qui lui préféreraient
au premier tour Jacques Chirac (77% d'entre eux pensent que l'ancien ministre de l'économie ferait un bon Président de la République) ou bien François Bayrou (55%).

Une candidature souhaitée, parfois dans l'ambiguïté
C'est donc à la lumière de ce jugement qu'il faut interpréter le souhait très largement exprimé qu'il soit candidat au premier tour de 2007, même en situation de concurrence avec l'actuel Chef de l'Etat.
Que 63% des sympathisants de gauche et 57% de ceux ayant l'intention de voter Hollande le pensent ne signifie certes pas grand-chose, sinon, pour certains d'entre eux, qu'ils guettent avec gourmandise la division de l'adversaire ;
à l'inverse, que ce sentiment soit partagé par 80% des sympathisants de l'UMP est très significatif. Plus intéressant encore est de constater que 69% des personnes ayant l'intention de voter pour Jacques Chirac au premier tour de l'élection présidentielle, précisément dans l'hypothèse où il serait concurrencé par Nicolas Sarkozy, souhaitent aussi que ce dernier se présente.

Cela amène à conclure que la pluralité des candidatures est souvent perçue, à ce stade, comme un renfort pour la droite, plutôt que comme un facteur de division et d'échec. Il n'est évidemment pas certain qu'une telle représentation puisse longtemps se
maintenir parmi les sympathisants de l'actuelle majorité.

Une crédibilité multiple, mais qui bute sur les questions sociales

L'action de Nicolas Sarkozy à l'Intérieur persiste à dominer son image : « assurer l'ordre et la sécurité » représente le thème où il est le plus largement jugé crédible (79% contre 19%), y compris à gauche (71%).
De manière plutôt attendue, il l'est pareillement quant à sa capacité à « moderniser le fonctionnement de la vie politique en France » (62%, et même 77% parmi les seuls sympathisants de droite). Il est davantage remarquable de constater que 62% des Français le jugent crédible pour « représenter la France à l'étranger » (62% contre 34%), qualité qui lui est reconnue par 85% des sympathisants de l'UMP mais aussi par 50% de ceux du Parti socialiste et par 71% de ceux qui lui préféreraient cependant au premier tour Jacques Chirac.
Enfin, ce qui n'est pas rien en une période où l'enjeu turc et l'échéance référendaire sont très présents dans les esprits, 56% des Français le jugent crédible pour « améliorer la construction de l'Europe ».
Force est néanmoins de constater que Nicolas Sarkozy est considéré comme « pas vraiment crédible » sur trois thèmes qui préoccupent au moins autant les Français :
la sécurité sociale et les retraites (52%), la diminution du chômage (57%) et la réduction des inégalités sociales (58%).

Des prises de position qui se jouent des clivages d'opinion habituels
Pour certaines de ses propositions, Nicolas Sarkozy conforte, voire galvanise, ses soutiens politiques naturels, tout en séduisant souvent au-delà.
Ainsi de l'assouplissement des 35 heures dans la fonction publique (86% d'approbation parmi les sympathisants de l'UMP), du refus d'une entrée de la Turquie dans l'UE (64% -
mais aussi 82% à l'extrême-droite et 59% à l'UDF), de la réduction de nombre de fonctionnaires (70%) et de l'instauration de quotas d'immigration (74% - avec
également 51% d'approbation parmi les sympathisants de la gauche).

D'autres prises de position suscitent davantage de troubles chez ses partisans. Elles ont pour point commun d'être largement perçues par l'opinion comme étrangères à la culture politique française et inspirées de modèles anglo-saxons. Il en va ainsi de la notion de discrimination positive envers les personnes issues de l'immigration : seulement 47% des Français, et 54% des sympathisants de l'UMP, s'y disent favorables. Il est cependant à noter une certaine approbation parmi les 18-24 ans (56%) et les personnes ayant un niveau de diplôme inférieur au bac (52%), ainsi que parmi les sympathisants du Parti
socialiste (53%).
Une autre idée avancée par Nicolas Sarkozy l'isole davantage dans l'opinion, celle de réformer la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, pour que ce dernier puisse financer des lieux de culte. 51% des Français s'y disent opposés (contre 44%). Ce refus domine dans la plupart des catégories d'analyse considérées, sauf parmi les plus jeunes (53% d'approbation parmi les 18-24 ans) et, d'extrême justesse, chez les sympathisants de l'UMP (50%, contre 44% d'opinions négatives).

Nicolas Sarkozy se voit donc soutenu dans ses ambitions par la majeure partie de l'opinion publique, qui lui reconnaît l'étoffe d'un Président de la République. Cet atout s'accompagne cependant d'un crédit insuffisant en matière sociale, ainsi que d'un certain éloignement, sur des sujets sociétaux sensibles, des points nodaux du consensus national.

Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion




Sondage réalisé :
  • . du 12 février 2005 au 13 février 2005

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