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L'observatoire des personnalités politiques - Avril 2005

François Bayrou

Après Nicolas Sarkozy et François Hollande, l'Observatoire des personnalités politiques réalisé par l'institut BVA pour Le Figaro et LCI est ce mois-ci consacré à François Bayrou, dans le contexte particulier de la campagne référendaire. La note qui suit en présente les principaux enseignements.

Une présidentiabilité perçue minoritairement dans l'opinion
Un quart des Français considèrent que François Bayrou ferait un bon Président de la République, contre 66% d'un avis contraire. Ce résultat est inférieur de 4 points à celui enregistré en mars pour François Hollande (29% jugeant qu'il ferait un bon président) et de 32 points à celui obtenu en février par Nicolas Sarkozy.
La crédibilité présidentielle du leader de l'UDF est très largement acquise chez les partisans de cette formation politique (64%), mais ne l'est guère plus parmi les sympathisants de l'UMP (24%) que chez ceux du Parti socialiste (22%). Sociologiquement, on notera un score équivalent chez les salariés du public et chez ceux du privé (22% dans chaque cas) ; cependant il n'est que de 16% parmi les travailleurs à leur compte, au lieu de 38% parmi les retraités. Ce dernier résultat est évidemment lié à la principale variable qui joue sur la perception de la présidentiabilité de François Bayrou, celle de l'âge : de 17% chez les 18-24 ans, elle progresse régulièrement jusqu'à 36% parmi les 65 ans et plus.

Une crédibilité centrée sur la promotion de l'Europe et la défense des classes moyennes
François Bayrou partage avec François Hollande le fait d'être jugé « plutôt crédible » d'abord sur sa capacité à « améliorer la construction de l'Europe ». 48% des
Français partagent cet avis (contre 46%), mais plus particulièrement les sympathisants UDF (70%), naturellement, et ceux qui expriment l'intention de voter « oui » au prochain référendum (62 %).

L'autre point fort de François Bayrou est sa crédibilité pour « défendre les intérêts des classes moyennes » (47%), notamment aux yeux des sympathisants de l'UDF (74%), mais aussi de ceux de l'UMP (63%). Il est à noter que les variables de revenu ou de diplôme ne jouent guère sur l'orientation des réponses, avec toutefois 53% de réponses positives parmi les cadres et professions intermédiaires du secteur privé.

D'équilibrées les réponses des Français deviennent majoritairement négatives sur les autres thèmes testés, avec un déficit particulièrement sévère quant à la crédibilité de François Bayrou pour « dépasser les clivages entre la gauche et la droite » (39% contre
54%), même si 71% des sympathisants UDF répondent positivement (47% pour ceux de l'UMP, 41% chez ceux du Parti socialiste, 37% chez les écologistes).

L'entrée dans un gouvernement de droite jugée cohérente

C'est à l'aune de ce dernier résultat qu'il faut apprécier le fait que 57% des Français estiment que François Bayrou devrait accepter de participer, avec d'autres personnalités de l'UDF, à un nouveau gouvernement qui serait éventuellement formé après le
référendum. S'il importe de souligner que la question posée n'indique pas dans quelle mesure l'orientation de la politique gouvernementale serait affectée par ce renouvellement, et pas davantage l'identité du chef d'un tel gouvernement, l'opinion dominante apparaît d'autant plus nette que 72% des sympathisants UDF approuveraient une telle décision. En outre, non seulement 69% des sympathisants UMP souhaitent le
renfort de François Bayrou et de ses amis, mais aussi 49% des sympathisants socialistes (contre 46%) considèrent qu'il devrait accepter cette hypothétique proposition
présidentielle, manifestant ainsi qu'ils le positionne essentiellement à droite.
Cette appréciation est confortée par le fait que sept Français sur dix (mais aussi 52% des sympathisants UDF) estiment que si François Bayrou accédait au pouvoir en 2007, « il mènera à peu près la même politique que la droite aujourd'hui ». Il est vrai que cette
réponse massive est également alimentée par le doute largement répandu dans l'opinion de voir une éventuelle alternance déboucher sur une réelle alternative politique (ainsi, dans le cas de François Hollande, 51% seulement des Français jugeaient le mois dernier qu'il mènerait « une politique vraiment différente de celle de la droite aujourd'hui »).

Un impact jugé relativement faible pour François Bayrou d'une éventuelle victoire du « non »
Champion reconnu de la construction européenne, François Bayrou pâtirait moins, selon les Français, d'une hypothétique victoire du « non » au référendum que les autres défenseurs du « oui » testés. Si 57% des Français jugent que ce serait pour lui « plutôt une mauvaise chose » (contre 34%), ce résultat est moindre que dans le cas de Lionel Jospin (59%) ou Nicolas Sarkozy (62%). Dans cette éventualité, l'impact sur ces trois personnalités serait nettement plus bénin que pour Jean-Pierre Raffarin (76%), Jacques Chirac (75%) et aussi François Hollande (69%). Il est à noter que les sympathisants UDF sont assez nombreux à juger qu'une victoire du « non » serait « plutôt une bonne chose » pour François Bayrou (40%), même s'ils jugent majoritairement qu'il s'agirait pour
lui « plutôt d'une mauvaise chose » (54%).

Une explication essentiellement sociale de la préférencepour le « non »

Certes, pour les partisans du « oui » au référendum, l'actuelle orientation des intentions de vote en faveur du « non » tient avant tout à une mauvaise compréhension par leurs concitoyens des objectifs de la Constitution (39%, au lieu de 27% pour l'ensemble des
Français). Cependant, l'opinion publique juge prioritairement que cette préférence actuelle pour le "non" tient surtout à l'inquiétude ressentie à l'égard de la situation économique et sociale (28%). Cette idée est celle prioritairement retenue par les tenants
du « non » eux-mêmes, devant le sentiment que les Français verraient en l'Europe « une menace pour leurs acquis sociaux » (21%). A l'inverse, on n'y voit guère une volonté de sanctionner Jacques Chirac ou Jean-Pierre Raffarin. Le diagnostic des sympathisants de
l'UDF s'aligne, en bonne logique, sur celui des partisans du « oui ».

Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion




Sondage réalisé :
  • . du 01 avril 2005 au 02 avril 2005
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