Le baromètre politique BVA - l'Express / Questions d'actualité - Vague 10
La popularité de l'exécutif Le souhait d'une démission de Jacques Chirac Le souhait d'une démission de François Hollande Les conséquences du «non» Le souhait de victoire à la présidentielle de 2007 Le souhait d'une candidature de Jacques Chirac à la présidentielle de 2007 Le candidat socialiste préféré pour la présidentielle de 2007
CHIRAC IMPOPULAIRE…
Avec un écart de 24 points entre ceux qui
ont une mauvaise opinion de lui comme Président
de la République (59%, proportion
inégalée depuis la fin 1996) et ceux qui en
ont une bonne (35%), Jacques Chirac connaît
une très tangible impopularité. En un
mois, et un référendum perdu, il perd ainsi
4 points de bonnes opinions. Cette évolution
négative provient non seulement de ceux
qui jugent qu'il a trop défendu le « oui », mais
aussi de ceux qui pensent qu'il l'a surtout
mal défendu. Notons d'ailleurs que la baisse
la plus nette se situe parmi les ménages
aisés (- 20 points parmi ceux qui ont un revenu
mensuel net au moins égal à 3500
euros), et qu'elle est également significative
parmi les sympathisants de l'UMP (6 points,
passant en un mois de 82% de bonnes opinions
à 76%).
… MAIS TOUJOURS LÉGITIME
Un tiers des Français (34% contre 57%) souhaitent
la démission du Président de la République
(soit 25 points de moins que la proportion
de Français ayant une mauvaise opinion
de Jacques Chirac dans cette fonction).
A gauche, les avis sont partagés (44% contre
49%), ainsi que parmi les électeurs ayant
voté « non » (48% contre 45%). Politiquement,
cet avis n'est réellement soutenu que
parmi les sympathisants de l'extrême gauche
et du PCF (63%) et ceux du FN (59%).
Sociologiquement, les ouvriers sont la seule
catégorie à souhaiter son départ immédiat
(49% contre 44%).
75% DES FRANÇAIS NE
SOUHAITENT PAS QUE JACQUES
CHIRAC SOIT CANDIDAT EN 2007
Cette attitude ne doit cependant pas être
confondue avec de la mansuétude. Finalement,
seuls 18% des Français (et 28% des
sympathisants UMP, contre 70%) souhaitent
une nouvelle candidature de Jacques Chirac.
Cette proportion ne dépasse pas 20%
(contre 75%) chez les électeurs du « oui »
(14% chez ceux du « non ») et 26% (contre
70%) parmi ceux qui déclarent avoir voté
pour lui au premier tour de 2002.
LE « «NON » SE VOIT ATTRIBUER
SURTOUT DES CONSÉQUENCES
DE POLITIQUE INTÉRIEURE
Que le « non » provoque une crise politique
durable est considéré comme certain
ou probable par 59% des Français (contre
36%). C'est avant tout le cas des jeunes
(63% des 18 à 24 ans), des employés et
ouvriers du secteur public (65%), et des
sympathisants d'extrême gauche (64%). Si
cette opinion est plus répandue parmi ceux
qui disent avoir voté « oui » au référendum
de dimanche (65%) que parmi ceux qui disent
avoir voté « non » ( 57%), il semblerait
cependant que cette idée ne suscite
pas que des craintes, mais aussi, dans de
vastes catégories sociales ou politiques,
une sorte d'espérance.
A l'inverse, que le vote « non » produise
une crise économique durable n'est jugé
crédible que par 37% des Français (contre
57%). Même parmi les électeurs du «
oui », cet avis demeure minoritaire.
UNE MAJORITÉ RELATIVE DES
FRANÇAIS SOUHAITENT QU'UN
CANDIDAT DE GAUCHE SOIT ÉLU
EN 2007
Notons tout d'abord un fort taux de sans réponse
: 33% (4 points de plus que en décembre
2004). Le résultat global témoigne
cependant d'une forte inclinaison au renouvellement,
moins sensible parmi ceux qui
ont voté « oui » (41% d'entre eux souhaitent
la victoire d'un candidat de droite, contre 32%), que parmi ceux qui ont voté « non »
(48% souhaitent celle d'un candidat de gauche,
contre 20%). La proportion de ceux qui souhaitent
une victoire de la gauche croît directement
avec le niveau de diplôme (48% chez les bac
+2), et domine dans toutes les catégories professionnelles,
sauf parmi les retraités.
LAURENT FABIUS TIRE PROFIT DU
RÉFÉRENDUM MAIS LIONEL JOSPIN
EST TOUJOURS LE CANDIDAT DU PS
PRÉFÉRÉ
Tout d'abord, la démission de François Hollande
n'est souhaitée que par 28% des Français (contre
52%) et 22% des sympathisants socialistes
(contre 69%). Cependant, seuls 6% d'entre eux
(et 9% des sympathisants socialistes) le préfèrent
comme candidat du PS en 2007, soit 7
points de moins qu'en mars dernier.
Jack Lang et Lionel Jospin sont en effet les candidats
favoris de l'ensemble des Français
(15%), Lionel Jospin étant nettement préféré
parmi les sympathisants socialistes.
Plus de Français souhaiteraient voir Laurent Fabius
comme candidat du PS qu'en mars (14%
soit 7 points de plus qu'en mars 2005).
21% des Français n'ont pas pu faire leur choix
parmi les candidats proposés et ont répondu «
autres », soit 13 points de plus qu'en mars.
Cette indécision est présente aussi au sein du
PS (13% soit 10 points de + qu'en mars), signe
manifeste que le 29 mai a ouvert les possibles,
plutôt que désigné un quelconque « candidat
naturel ».