La popularité de l'exécutif Le souhait de victoire à la présidentielle de 2007
L'amplification de l'impopularité
du Premier ministre
La baisse est moins spectaculaire
que celle enregistrée en mars puis
en avril, mais la tendance est
confirmée. L'action de Dominique
de Villepin comme Premier ministre
est jugée bonne par 26% des
Français, soit deux points de moins
que le mois dernier (et 22 points de
moins en trois mois), contre 62% qui
expriment un jugement négatif (-2
points). Pratiquement stable à
gauche (16%, + 1 point), sa cote
s'affaiblit fortement à droite (45%, -
7 points). Si l'attitude des
sympathisants UMP est
pratiquement stable (55% de
bonnes opinions, - 2 points), celle
des sympathisants UDF a
profondément évolué : au lieu de
54% le mois dernier, seuls 31%
expriment aujourd'hui un jugement
positif sur le Premier ministre
(contre 59% d'opinions négatives).
Notons que si la cote de Dominique
de Villepin se situe à un niveau très
faible, elle demeure u peu
supérieure aux pires scores
d'autres premiers ministres, tels
Jean-Pierre Raffarin (21% en mai
2005), Alain Juppé (20% en
décembre 1996) ou Edith Cresson
en mars 1992 (23%).
Jacques Chirac au plus bas
depuis onze ans
Avec seulement 32% des Français
qui expriment une bonne opinion sur
Jacques Chirac en tant que
Président de la République, le
baromètre BVA / L'Express atteint
son plus mauvais chiffre depuis son
arrivée à l'Elysée, avec celui de
novembre 1995 (32% de mauvaises
opinions, contre 61% de mauvaises,
en plein débat sur la réforme de la
sécurité sociale initiée par le
gouvernement Juppé).
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Une différence essentielle avec cette
lointaine contre-performance tient à ce
qu'à l'époque les sympathisants de
droite restaient fidèles au Président de
la République (62% de bonnes
opinions contre 33% de mauvaises),
alors qu'ils ne sont plus aujourd'hui
qu'une courte majorité à le faire (51%
contre 47%, soit un écart de quatre
points au lieu de douze le mois
dernier). Les personnes de 65 ans et
plus (48% de bonnes opinions, 46%
de mauvaises) et les sympathisants
de l'UMP (62% de bonnes opinions,
36% de mauvaises) sont les deux
dernières catégories d'analyse où
apparaît une majorité, même relative,
de soutien.
Une crise qui ne profite
apparemment pas à la gauche
Si les Français continuent à préférer
que soit élu un candidat de gauche
plutôt que de droite à la prochaine
élection présidentielle (respectivement
39% et 29%, avec 32% de sans
réponse), sans que soit précisé dans
la question l'identité particulière d'un
candidat ou candidate, ils le font de
manière moins nette que les mois
précédents. En d'autres termes, le
désaveu massif qui frappe l'exécutif
ne se traduit pas mécaniquement par
un désir d'avenir à gauche. Cela tient
sans doute à l'incertitude prolongée
quant au candidat choisi par le Parti
socialiste, ainsi qu'au fait que l'affaire
Clearstream, contrairement à la crise
du CPE, ne réactive pas un clivage
idéologique et risque, à l'inverse,
d'affecter l'image de tout le personnel
politique, gauche et droite confondus.
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion