La popularité de l'exécutif Le souhait de victoire à la présidentielle de 2007 Le potentiel de vote de François Bayrou
JACQUES CHIRAC MOINS
IMPOPULAIRE
Si Jacques Chirac connaît une amélioration
sensible de son image (+4 points), seuls quatre
Français sur dix ont cependant une bonne
opinion de lui comme Président de la République,
soit le niveau brutalement atteint en
mai dernier, lors de la campagne référendaire.
Cette progression est, dans le détail des critères
descriptifs disponibles, assez dispersée.
On remarque qu'elle est particulièrement
marquée parmi les femmes (+ 7 points,
au lieu de +1 point chez les hommes), les 65
ans et plus (+ 14), les cadres moyens et supérieurs
du secteur public (+ 12) et, puis, surtout,
chez les sympathisants de l'UMP (+ 13)
et ceux ne s'intéressant pas particulièrement
à la politique (7 points).
Globalement, il est possible de voir dans
cette évolution la résultante d'une exécution
particulièrement réussie de l'exercice présidentiel
de début d'année, c'est-à-dire l'enchaînement
des remises de voeux, qui a rassuré,
notamment à droite, sur la permanence
de Jacques Chirac dans le jeu politique.
DOMINIQUE DE VILLEPIN AFFAIBLI
CHEZ LES JEUNES
Certes, Dominique de Villepin demeure populaire,
et jamais la proportion des bonnes
opinions sur lui comme Premier ministre n'a
été aussi élevée (48%). Ce score peut être
relativisé par une comparaison avec son prédécesseur
après la même durée à Matignon
(53% en février 2003).
Surtout, les contrastes se creusent dans
l'image du Premier ministre. Il perd un peu
plus de cinq points parmi les 18-34 ans
(40% de bonnes opinions), 15 points chez
les ouvriers (32%), 10 points parmi les salariés
du secteur privé (39%), cependant
qu'il en gagne 12 parmi les personnes à leur
compte (53%). Le CNE et son extension
possible ont levé un vent mauvais sur
l'image de Dominique de Villepin.
UN FRANÇAIS SUR TROIS…
32% des Français se disent prêts à voter
pour Français Bayrou à la prochaine élection
présidentielle. Le résultat excède de
loin les sympathisants UDF (environ 7% de
la population), mais est bien inférieur aux
50% qui ne le ferait « en aucun cas ». Ce
résultat tient largement à ce qu'il agace plus
à droite (29% de réponses « oui, certainement
» ou « oui, peut-être » à l'UMP), qu'à
gauche (31% parmi les sympathisants socialistes,
35% chez les Verts). Pour le reste,
il apparaît que son image tend à échapper
au cadre traditionnel du vote UDF, avec des
« scores » potentiellement honorables chez
les jeunes (28% parmi les 18-24 ans), les
salariés du public (37%) et les habitants des
grandes villes (35% parmi ceux des villes
de plus de 100 000 habitants)
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion