La popularité de l'exécutif Le souhait de victoire à la présidentielle de 2007 L'impact de la politique gouvernementale sur le modèle social français
JACQUES CHIRAC STABLE DANS
L'IMPOPULARITE
Pour la cote présidentielle, l'événement est
dans l'absence d'évolution. Après trois semaines
de violences urbaines, une intervention
télévisée suivie par 22 millions de Français
et le vote de l'état d'urgence, la part de
ceux qui ont une bonne opinion de Jacques
Chirac comme Président de la République
reste inchangée, à 39%, une majorité absolue
des citoyens exprimant un jugement négatif
(54%).
Derrière cette moyenne, trois mouvements
se dessinent pourtant. Tout d'abord, Jacques
Chirac perd brutalement 7 points de
bonnes opinions chez les 18-34 ans, phénomène
compensé par une évolution positive
chez ceux plus âgés. En second lieu, il
perd 6 points parmi les personnes ayant au
moins le niveau bac, et progresse chez ceux
moins diplômés. Enfin, il améliore de 7
points sa cote parmi les sympathisants socialistes
(30% de bonnes opinions), mais en
perd 7 parmi ceux de l'UMP (67% de bonnes
opinions) et 9 parmi ceux de l'UDF
(48%).
DOMINIQUE DE VILLEPIN DE
NOUVEAU POPULAIRE
Le mois dernier, la contestation sociale précipitait
le Premier ministre dans l'impopularité,
en novembre le désordre civil lui fait regagner
les 6 points de bonnes opinions perdus
(46%, contre 39% de réponses négatives).
A ce mouvement contribuent largement les
sympathisants socialistes, parmi lesquels il
progresse de 12 points (38% de bonnes
opinions), cependant qu'il n'en gagne que
deux parmi les sympathisants de l'UMP
(77%). Il enregistre également une forte progression
parmi les personnes aux revenus
les plus modestes, les travailleurs indépendants
et les non-bacheliers.
UNE POLITIQUE JUGEE NEFASTE
AU MODELE SOCIAL FRANÇAIS
Quatre Français sur dix pensent que la politique
du gouvernement « affaiblit le modèle
social français », contre 18% seulement
qui estiment qu'elle le renforce. Les
jugements négatifs sont particulièrement
nombreux parmi les salariés du public
(52%), les ouvriers (48%) et les membres
de professions intermédiaires (56%), les
électeurs ayant opté pour le « non » le 29
mai dernier (55%) et les sympathisants de
gauche (56%). Parmi les sympathisants
UMP, la prudence est de rigueur (34% seulement
pensent que la politique menée renforce
ce modèle social). Le fait que 24%
des personnes ayant une bonne opinion de
Dominique de Villepin comme Premier
ministre estiment en même temps que la
politique de son gouvernement affaiblit le
modèle social français (contre 33% d'un
avis inverse) vient rappeler que la conservation
de ce dernier n'est pas forcément
une valeur universelle. On observe cependant
que les réponses sur ce sujet sont, de
manière générale, assez nettement
corrélées avec le souhait d'une victoire d'un
candidat de gauche ou d'un candidat de
droite à la prochaine élection présidentielle.
Jérôme SAINTE MARIE
Directeur de BVA Opinion