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L'Avenir du Premier Ministre et l'Impact du Référendum
Les conséquences souhaitées du référendum sur Jean-Pierre Raffarin Les conséquences pronostiquées du référendum sur Jean-Pierre Raffarin L'impact du référendum sur la politique gouvernementale L'impact de l'engagement de Jean-Pierre Raffarin en faveur du «oui» Le meilleur successeur de Jean-Pierre Raffarin en cas de démission
UN DÉPART SOUHAITÉ, UN MAINTIEN ENVISAGÉ
Seuls quatre Français sur dix souhaitent que Jean-Pierre Raffarin reste dans ses fonctions quel que soit le résultat du référendum, contre 56% qui préféraient son départ, soit en toutes circonstances (45%) soit en cas de victoire du non (11%). D'une certaine manière, ces résultats sont presque encourageants pour le Premier ministre, dont la cote était établie par BVA, à la mi-avril, à seulement 28% d'opinions positives (contre 64%). L'impact du référendum dans l'expression du rejet ou de la fidélité au Premier ministre est finalement réduit, d'autant que les électeurs ayant l'intention de voter « non » ne sont guère plus nombreux que ceux qui veulent voter « oui » (12% au lieu de 10%) à lier le départ de Jean-Pierre Raffarin à un éventuel rejet du texte référendaire. Le lien qui existe est en fait à lire différemment: parmi les électeurs prêts à voter « non », 56% souhaitent un changement de personne à Matignon « quel que soit le résultat du référendum », tandis que 50% de ceux disposés à voter « oui » préféreraient le maintien du Premier ministre. En réalité, tout se passe comme si l'impopularité gouvernementale et la réticence par rapport au texte constitutionnel puisaient dans les mêmes représentations et les mêmes intérêts. Il est d'ailleurs frappant de constater que si les retraités souhaitent plus que d'autres le statu-quo à Matignon (45%), les salariés du public (52%) et aussi nombre de salariés du privé (48%) veulent le départ de Jean-Pierre Raffarin quel que soient les résultats le 29 mai. Ces perceptions contrastées se heurtent au sentiment très majoritaire que Jean-Pierre Raffarin conservera en toutes hypothèses ses fonctions de premier ministre (63%), ou qu'il ne partira qu'en cas de victoire du non (16%), sentiment qui traverse les différentes sensibilités politiques. De manière connexe, les deux tiers des Français estiment que la politique du gouvernement ne changera pas, quel que soit le résultat du référendum. On notera toutefois que la part de ceux qui anticipent un changement de politique en cas de victoire du « non » est plus importante parmi ceux qui ont l'intention de refuser le projet de constitution (26%) que parmi ceux qui expriment leur intention de voter « oui » (17%). Finalement, la sévérité des Français à l'égard du Premier ministre apparaît crûment dans le fait qu'une large majorité d'entre eux jugent que son intervention dans la campagne référendum n'a aucun effet sur l'opinion, 16% jugeant même qu'elle profite davantage au « non » (sentiment partagé par 15% des sympathisants de l'UMP), seulement 24% estimant qu'elle est, plus logiquement, un soutien pour le « oui ». Le désaveu de Jean-Pierre Raffarin est enfin manifeste lorsque l'on constate que parmi les électeurs du « oui », ceux qui jugent que l'intervention du Premier ministre avantage le « non » sont légèrement plus nombreux (20%) que ceux qui pensent qu'elle fait progresser le « oui » (19%).
EN DEHORS DE NICOLAS SARKOZY, DOMINIQUE DE VILLEPIN DIRECTEMENT CONCURRENCÉ PAR MICHÈLE ALLIOT-MARIE
En cas de départ de Jean-Pierre Raffarin de Matignon après le 29 mai, le choix des Français se porterait, parmi six personnalités proposées, très nettement sur Nicolas Sarkozy (36%), à dix-neuf points devant son concurrent le mieux placé (Dominique de Villepin, 17%). Cette préférence est particulièrement manifeste parmi les sympathisants de l'UMP (47%), et plus encore parmi ceux de l'extrême-droite (58%), même si elle existe dans toutes les catégories de sensibilité politique, à l'exception des sympathisants communistes (18%, au lieu de 21% pour Dominique de Villepin). Une certaine réserve est également perceptible parmi les sympathisants UDF, qui placent l'ancien Ministre de l'Intérieur très peu de points devant l'actuel (29% au lieu de 26%). Si l'on considère le choix des Français en dehors de Nicolas Sarkozy, deux personnalités se distinguent, en mobilisant des ressources d'opinion bien différentes. Choisi par un plus grand nombre de Français (27%), Dominique de Villepin réalise de très bons résultats parmi les cadres et professions intermédiaires du secteur public (36%), dont beaucoup d'enseignants, les bac+2 (33%) et les sympathisants socialistes (29%). A l'inverse, Michèle Alliot-Marie, devancée dans l'opinion en général (22%), arrive en première position parmi les sympathisants de l'UMP (30%, contre 27% pour l'ancien Ministre des Affaires étrangères) et ex-aequo parmi ceux de l'UDF (32%). La situation critique de l'opinion se lit dans les résultats de cette étude. Elle souhaite moins le départ du Premier ministre qu'elle ne s'oppose à son action, et, surtout, qu'elle n'anticipe un changement prochain à Matignon. Cette résignation se teinte suffisamment de défiance pour que les partisans du « oui » croient très peu en la capacité de Jean-Pierre Raffarin à être de quelque efficacité pour leur cause. L'utilité politique de Jean-Pierre Raffarin n'apparaissant guère positivement, resterait celle de ne pas avoir de concurrent suffisamment crédible pour Matignon. Sans même parler de Nicolas Sarkozy, deux personnalités émergent aujourd'hui, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, avec un profil de popularité contrasté, renvoyant à deux facettes différentes de la décennie Chirac.