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Le baromètre politique BVA – L'Express - Vague 3

La popularité de l'exécutif
Le souhait de victoire à la présidentielle de 2007
L'accession de Nicolas Sarkozy à la Présidence de l'UMP : les conséquences pour Jacques Chirac
La principale motivation de Nicolas Sarkozy pour devenir président de l'UMP


La crise de la droite affaiblit encore davantage
le Premier ministre
Conforté par les événements internationaux
dans son statut de chef de l'Etat, Jacques
Chirac voit sa courbe de popularité
s'améliorer légèrement au niveau global (+ 1
point), grâce au soutien accru des personnes
ne déclarant aucune préférence partisane
(56% de bonnes opinions, + 9 points),
"marais" peu politisé, représentant environ un
Français sur cinq. Ce renfort conjoncturel lui
permet d'éviter de subir comme son Premier
ministre les conséquences de la dégradation
du climat politique à droite liée au départ
programmé du gouvernement de Nicolas
Sarkozy et à celui régulièrement envisagé
dans les médias de Jean-Pierre Raffarin.
A l'exception d'avril 2004, jamais la part des
Français jugeant "mauvaise" l'action de Jean-
Pierre Raffarin en tant que Premier ministre
n'avait été aussi grande (62%). De plus, avec
28% de bonnes opinions, c'est une baisse de 5
points qui est enregistrée ce mois-ci.
Ce niveau d'impopularité n'avait pas été
atteint ni par Pierre Mauroy (59% de
mauvaises opinions en juillet 1984) ni par
aucun de ses successeurs jusqu'à Edith
Cresson (67% de mauvaises opinions en mars
1992, son pire score après 62% en février)
puis Alain Juppé (62% en octobre 1995, et
jusqu'à 73% en novembre 1996).
Si l'origine de cette défaveur est multiple, la
dégradation enregistrée ce mois-ci répond
avant tout à une logique politique nettement
située : parmi les sympathisants de la droite,
on passe en quelques semaines d'un écart de
30 points entre bonnes et mauvaises opinions
à un écart réduit aujourd'hui à un seul et
unique point (47% de bonnes opinions, contre
46%). Si l'on considère les seuls
sympathisants de la droite parlementaire, la
chute est du même ordre, avec 55% de bonnes
opinions en novembre au lieu de 72% en
octobre (- 17 points). Enfin, parmi ceux qui
souhaitent une victoire de la droite en 2007,
seuls 52% ont une bonne opinion du Premier
ministre (contre 41%).
Or, si la préférence de l'opinion va toujours à
une victoire de la gauche en 2007 (41%,
contre 31% pour la droite), l'écart s'est
resserré en un mois de quatre point. La crise
de la droite dans l'opinion est donc bien
endogène, et ne correspond pas à une plus
grande crédibilité d'une gauche suspendue au
résultat du référendum socialiste.
Une opinion sans illusion sur les relations
Chirac - Sarkozy
Pour une majorité absolue des Français,
l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence
de l'UMP constituerait un handicap pour
Jacques Chirac (53%) plutôt qu'un atout
(24%). L'idée d'un partage des rôles a d'autant
moins de crédit dans l'opinion que deux
Français sur trois pensent que la motivation
principale du probable futur président de
l'UMP est avant tout son ambition d'accéder à
l'Elysée en 2007.
L'idée que la présence de l'actuel ministre de
l'Economie à la tête de l'UMP sera une gêne
pour le chef de l'Etat est partagée
majoritairement quelle que soit la catégorie
d'analyse considérée, y compris parmi les
sympathisants de l'UMP (58% contre 34%) et
plus particulièrement parmi les Français se
disant "intéressés par la politique" (62%
contre 23%). Quant au rôle moteur de son
ambition présidentielle dans le choix fait par
Nicolas Sarkozy, c'est quelque chose d'acquis
pour 57% des sympathisants de l'UMP (contre
38%) et 61% des Français ayant une bonne
opinion de Jacques Chirac comme Président
de la République (contre 27%).
Là réside une des causes déterminantes de la
crise de la droite dans l'opinion, le fait que
l'affrontement apparaisse inéluctable entre
d'une part un Président toujours très soutenu
et d'autre part la personnalité la plus populaire
de son propre camp, sans que le Premier
ministre ne paraisse pouvoir ni s'interposer, ni
réellement peser sur l'issue de ce conflit
annoncé.
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion




Sondage réalisé :
  • . du 06 novembre 2004 au 09 novembre 2004

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