La popularité de l'exécutif Les intentions de vote au référendum sur le projet de Constitution européenne Souhait de victoire au référendum Le successeur éventuel de Jean-Pierre Raffarin Eléments d'analyses complémentaires
L'ÉROSION CONTINUE DE L'EXÉCUTIF
La cote d'opinion de Jacques Chirac comme
Président de la République régresse encore
ce mois-ci, se situant aujourd'hui à un niveau
(48%) particulièrement bas, jamais atteint durant
ce quinquennat sinon durant la période
électorale du printemps 2004.
Après sa prestation télévisée souvent critiquée,
Jacques Chirac voit croître les jugements négatifs
parmi certaines catégories plutôt bien
disposées pour le « oui », tels les plus diplômés
(51% chez les bac + 2, soit + 6 points) ou
les cadres (52%, + 7 points). Surtout, son apparition
n'a pas empêché un renforcement des
jugements négatifs à gauche (62%, + 2 points)
et chez les salariés du secteur privé (52%, + 5
points).
Si la cote d'opinion de Jacques Chirac demeure
légèrement positive, celle de son Premier
ministre continue sa descente dans l'impopularité.
Avec 36 points d'écart entre les
mauvaises opinions et les bonnes, il atteint son
maximum de rejet en trois ans, à l'exception
d'avril 2004. La montée des mauvaises opinions
atteint notamment 12 points parmi les
femmes de plus de 50 ans (59%) et 7 parmi
les salariés du secteur privé (73%), qui le rejettent
aujourd'hui encore plus que ceux du public.
En d'autres termes, son impopularité s'homogénéise.
UNE DÉFLAGRATION D'OPINION EN
FAVEUR DU « NON » À GAUCHE
Dans la période présente, les intentions de vote
renseignent sur les effets de campagne, sans
être d'aucune manière une anticipation du résultat
final. Il demeure que leur mesure après
l'intervention de Jacques Chirac et la querelle
médiatisée de Jean-Pierre Raffarin et Dominique
de Villepin révèle un phénomène de ruée
des sympathisants de gauche vers le « non ».
Le comportement du pouvoir en la période, y
compris l'émission du 14 avril, a suscité une
accentuation des critiques de la gauche à son
égard, sans que ce phénomène ne s'accompagne
d'une plus grande adhésion de la droite.
Ainsi, le « non » progresse de 5 points par
rapport à la mesure antérieure (8-9 avril), mais
aussi de 7 points à gauche (66%), et de 6
points parmi les seuls sympathisants du Parti
socialiste (62%). A cet effet politique correspond
l'accentuation du choix du « non » parmi
les salariés du secteur public (62%, + 8 points).
Seule consolation pour le Président, en dix
jours le choix du « oui » a progressé d'un point
à l'UMP (69%) et de 5 à l'UDF (66%).
Enfin, il n'est pas, ou plus, possible de supposer
que ces intentions de vote correspondraient
à des mouvements d'humeur individuels
déconnectés d'un choix politique réel sur
l'issue du scrutin, dans la mesure où une majorité
très nette, bien que relative, des Français
déclarent souhaiter la victoire du « non »
(44% contre 36%, soit 8 points d'écart), avec
une certaine symétrie entre une gauche orientée
vers le « non » (même parmi les sympathisants
socialistes) et un droite penchant en
faveur du « oui ». Ce croisement des préférences
est d'ailleurs beaucoup plus prononcé
lorsque l'on considère non plus les proximités
partisanes, mais les jugements sur le chef de
l'Etat ou bien sur le Premier ministre.
SARKOZY DEVANCE VILLEPIN POUR
MATIGNON
En cas de remplacement de Jean-Pierre
Raffarin à Matignon après le 29 mai, les Français
préfèreraient voir nommer Nicolas
Sarkozy (28%), et plus particulièrement les
sympathisants de droite (46%). Si Jean-Louis
Borloo doit sa troisième place dans ce classement
au choix des sympathisants de gauche
(18%, au lieu de 11% pour l'ensemble des
répondants), Dominique de Villepin, choisi
par 13% des Français, peut se prévaloir d'un
score aussi élevé à droite qu'à gauche.
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion