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Le baromètre politique BVA - L'Express - Vague 6

La popularité de l'exécutif
Les intentions de vote au référendum sur le projet de constitution européenne
Eléments d'analyses


Le Président exposé aux mécontentements sociaux
La cote d'opinion de Jacques Chirac comme Président
de la République régresse ce mois-ci de cinq
points, se situant aujourd'hui à un niveau (50%)
parmi les plus bas de son second septennat. L'accumulation
de nouvelles internationales dramatiques
s'étant interrompue, il est désormais lui aussi exposé
aux mécontentements divers de l'opinion publique
hexagonale.
Jacques Chirac maintient une large assise parmi les
sympathisants de l'UMP (86% de bonnes opinions,
- 3 points cependant) et la reconstitue en partie chez
ceux de l'UDF, rebutés par sa position sur la question
turque (70%, + 3 points). A l'inverse, il chute
de 6 points parmi les sympathisants socialistes
(38%)
L'affaiblissement de cette « immunité diplomatique
» du Président aux yeux de l'opinion apparaît crûment
si l'on considère l'effondrement de sa cote
chez les salariés du public (43%, - 6 points), et plus
particulièrement parmi ceux-ci auprès des employés
et ouvriers (38%, - 16 points).
Le Premier ministre fragilisé socialement, davantage
soutenu politiquement
Si sa cote est également en baisse (32%, - 2 points),
la situation du Premier ministre dans l'opinion est
très différente. Déjà impopulaire, avec une image
écornée depuis les mouvements sociaux de 2003,
il doit avant tout conforter son leadership auprès
des partisans du pouvoir en place. Les circonstances
particulières de ce début février, avec la remise
en cause partielle des 35 heures et les manifestations
du 5 février, lui permettent ainsi de gagner 7
points parmi les sympathisants des partis de la droite
parlementaire (68%, + 7 points). Dans le même
temps, il progresse de 3 points parmi les retraités
(47%).
A l'inverse, le hiatus avec le monde du travail s'élargit,
avec 26% de bonnes opinions seulement parmi
les salariés (- 4 points), et plus particulièrement avec
ceux qui travaillent dans le secteur public (21%, -
10 points).
Une dynamique d'opinion qui favorise le
«non»
A environ quatre mois du référendum, sans que
les Français n'aient reçu à leur domicile le texte du
traité constitutionnel, et avec un taux de sans réponses
ou de choix de l'abstention se situant toujours
très haut (35%, - 3 points par rapport à janvier),
on sent pourtant un phénomène d'opinion se
constituer, pour l'instant avec une orientation plutôt
favorable à la progression du « non ».
L'origine du mouvement très net observé (réduction
de l'avance du « oui » de 26 points le mois
dernier à 16 points aujourd'hui) est également
claire : si les conséquences de la polémique turque
s'estompent (+ 16 points pour le « oui » chez les
sympathisants de l'UDF, + 2 points chez ceux de
l'UMP), l'opposition aux réformes gouvernementales
semblent nourrir la montée du « non » de gauche.
Parmi les sympathisants de celle-ci, le niveau
d'intention de vote pour le « non » rejoint désormais,
avec 39%, celui des sympathisants de droite
(remarque : les réponses des personnes ne déclarant
aucune proximité partisane particulière explique
que le « non » se situe en moyenne générale à
42%). En quelques semaines, le « non » a donc
progressé de 5 points à gauche, et plus particulièrement
de 9 points parmi les sympathisants socialistes
(34%). Le mouvement le plus significatif de
la difficulté de déconnecter le référendum des enjeux
sociaux français, et donc aussi des réformes,
est celui observé chez les salariés du secteur public,
qui formeraient aujourd'hui une catégorie votant
à 63% pour le « non », au lieu de 45% le mois
précédent.
Ces mouvements d'opinion peuvent surprendre
par leur ampleur, qui révèle la très grande volatilité
actuelle des intentions de vote au gré des projections
faites de l'enjeu constitutionnel européen sur
tel autre sujet jugé connexe, de la réforme des 35
heures jusqu'aux négociations avec la Turquie, ainsi
que la part irréductible d'incertitude planant sur
l'issue d'un scrutin.
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion




Sondage réalisé :
  • . du 07 février 2005 au 09 février 2005

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