accueil > sondages > Baromètre politique > Le Baromètre Politique BVA - L'Express - Vague 5

Le Baromètre Politique BVA - L'Express - Vague 5

La popularité de l'exécutif
Les intentions de vote au référendum sur le projet de constitution européenne
Eléments d'analyses


Pour le Chef de l'Etat, une popularité qui plafonne
En progression régulière depuis juin 2003, la cote
d'opinion de Jacques Chirac comme Président de la
République régresse ce mois-ci de deux points, se situant
aujourd'hui à un niveau (55%) intermédiaire entre
celui de janvier 2004 (53%) et celui de janvier 2003
(58%).
L'interprétation de ce résultat doit fait la part d'éléments
multiples, parfois contradictoires dans leurs effets
d'opinion, tels que le choc de la catastrophe asiatique,
mais aussi l'annonce faite le 31 décembre du
référendum sur la constitution européenne ou bien encore
le soutien manifesté à l'égard de Jean-Pierre
Raffarin, sans parler des diverses initiatives annoncées.
Dès lors, il faut noter qu'en termes de sensibilité politique,
le paysage est très mouvant : Jacques Chirac
conforte son assise parmi les sympathisants de l'UMP
(89%, + 2 points), gagne des points chez des sympathisants
socialistes sensibles à son engagement proeuropéen
(44%, + 4), mais en perd chez ceux de l'UDF,
rebutés par sa position sur la question turque (67%, -
5) et parmi ceux de l'extrême-gauche et du Parti communiste
(28%, - 14), qui préféraient le voir se consacrer
aux affaires du monde.
Socialement, le soutien apporté à Jean-Pierre Raffarin
et à son action réformatrice réactive les préventions
des personnes peu diplômées ou à faible revenu, ainsi
que des salariés du secteur public (49%, - 7), tout en
satisfaisant les autres, et notamment les personnes à
leur compte (62%, + 11).
Enfin, malgré son propos sur la nécessaire égalité salariale
hommes-femmes, il enregistre une baisse significative
chez ces dernières (54%, - 7), et plus encore
chez celles, très souvent actives, de 35 à 49 ans (52%,
- 10).
Une embellie confirmée pour Jean-Pierre
Raffarin
Le rétablissement - relatif - du Premier ministre entamé
fin 2004 se confirme (+ 1 point). Toujours très
impopulaire, il voit cependant le taux de personnes
ayant une mauvaise opinion de lui se réduire à 56%,
soit le niveau le moins élevé depuis avril dernier. L'écart
qui avait fortement crû en 2004 entre la cote du Président
de la République et la sienne tend donc à se
réduire pour le deuxième mois consécutif. Il est
aujourd'hui à un niveau d'opinion similaire à celui
enregistré en janvier 2004 (26% de bonnes opinions
alors, contre 55% de mauvaises).
Lui aussi connaît un effritement chez les jeunes, les
femmes, les personnes peu diplômées et celles à
faible revenu. Les mouvements d'opinion liés aux
préférences politiques vont dans le même sens que
ceux observés pour la cote du Président de la République,
mais de manière atténuée : + 2 points à
l'UMP (69%), + 1 point au Parti socialiste (15%),
stabilité à la gauche de celui-ci (20%), et - 4 points
à l'UDF (44%). Ces derniers sont aujourd'hui plus
nombreux à exprimer une mauvaise opinion sur le
Premier ministre (54%).
Le principal phénomène d'opinion qui affecte
l'exécutif en ce début d'année est donc la restriction
apportée par les sympathisants de l'UDF
dans leur soutien. Il est remarquable de noter
que c'est l'enjeu européen qui en est la raison,
avec une très forte réactivité aux positions prises
sur une éventuelle entrée de la Turquie dans
l'Union européenne.
Europe : une vaste «population du silence», qui
relativise l'avance du «oui»
La troisième mesure des intentions de vote au référendum
sur la constitution européenne, et la première
depuis son annonce effective par le Président
de la République, montre assez paradoxalement une
perplexité grandissante de l'opinion : de 27% en
octobre, puis de 35% en décembre, le taux de personnes
se réfugiant dans la non-réponse ou bien
choisissant l'abstention s'élève aujourd'hui à 38%.
Cette part est d'autant plus importante que les personnes
sont peu diplômées ou à faible revenu, atteignant
par exemple parmi les ouvriers et employés
considérés ensemble 47%. En d'autres termes, il y
a là sans doute un potentiel plus important pour le
«non» que pour le «oui», si jamais se popularisait,
comme en 1992, l'idée d'une nouvelle étape de la
construction européenne négative pour l'emploi et
les acquis sociaux.
Le baromètre politique BVA - L'Express
- 3 -
Pour l'heure, l'actualité de l'opinion est avant tout
marquée par le contrecoup des négociations avec la
Turquie, qui provoque un affaissement de la part des
sympathisants UDF souhaitant voter «oui» à la Constitution
(57%, au lieu de 75% en décembre), mais
conforte aussi ceux du Parti socialiste dans leur soutien
(75% de «oui», + 6 points). Malgré une légère
érosion (- 6 points) les sympathisants de l'UMP demeurent
massivement fidèles au choix du Président
de la République (74%).
La comparaison des données présentes avec la
courbe des intentions de vote au référendum de
Maastricht montre que les données actuelles composent
un «paysage avant la bataille» assez similaire
en ses niveaux globaux avec celui observé au printemps
1992, tout en contenant en son détail des différences
significatives, notamment sur l'état d'esprit
régnant dans les principales familles politiques quant
au sens à donner au scrutin. C'est bien sûr ce dernier
point qui constitue tout l'enjeu de la période.
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion




Sondage réalisé :
  • . du 10 janvier 2005 au 12 janvier 2005

SUIVEZ BVA SUR linkedin facebook   rss
mentions légales © COPYRIGHT 2012 BVA