La popularité de l'exécutif Le souhait de victoire à la présidentielle de 2007 La justification d'une candidature de Jacques Chirac à la présidentielle de 2007 Le souhait d'une candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 Les intentions de vote au référendum sur le projet de constitution européenne
Un net regain de l'exécutif, et pour l'UMP
Cinq points de plus en un mois, Jean-Pierre Raffarin
n'avait pas connu pareille embellie depuis avril dernier,
en une période électorale soudant autour de lui les
sympathisants de droite. Cette fois-ci encore, on constate
un mouvement particulièrement important parmi les
sympathisants de la droite parlementaire (+ 7 points).
Ce n'est point cependant la seule origine de la hausse
de popularité du Premier ministre, plus prononcée encore
chez les femmes (+ 8 points), les 18-24 ans (+ 11 points)
ou les salariés du public (+ 9 points).
Il s'agit bien d'un mouvement d'ensemble, lié à un
évènement affectant globalement la situation de Jean-
Pierre Raffarin. Tout se passe en effet comme si le
départ «en douceur» de Nicolas Sarkozy du
gouvernement, et la mise en scène unitaire de son
accession à la tête de l'UMP, avaient dissipé chez de
nombreux citoyens l'impression d'une crise larvée à la
tête de l'Etat et le sentiment d'un Premier ministre
contesté dans sa propre équipe.
Très impressionnante sur la durée (+ 11 points depuis
juin dernier), la progression de la cote du chef de l'Etat
s'effectue sur un axe bien différent, celui éminemment
consensuel de la politique internationale. Il progresse
d'ailleurs particulièrement parmi les personnes se disant
peu intéressées par la vie politique (+5) et parmi les
sympathisants de gauche (+ 6 points), tout en demeurant
logiquement très populaire parmi les sympathisants de
l'UMP (87%, - 1 point).
A la jonction de ces évolutions, on observe un
resserrement sensible de l'écart entre ceux qui
souhaitent l'élection en 2007 d'un candidat de gauche
et ceux qui préfèreraient l'élection d'un sympathisant
de droite (7 points aujourd'hui, au lieu de 11 en
novembre), malgré l'accueil positif dans l'opinion du
résultat du référendum socialiste sur la Constitution
européenne. Non seulement le gouvernement apparaît
davantage cohérent mais en plus les données disponibles
indiquent clairement un regain d'image pour l'UMP,
finalement assez comparable à l'effet produit dans
l'opinion américaine par les «conventions».
Une préférence accentuée pour le «oui» à un
référendum sur la constitution européenne
Placée dans la situation d'approuver ou de rejeter par
référendum le projet de constitution européenne, l'opinion
française choisit un vote encore plus positif qu'en octobre
dernier (+ 3 points pour le «oui» à 3 points). Il est à noter
aussi la part plus élevée des personnes se dérobant à un
tel choix (35% au lieu de 27%), indication de nature à
surprendre alors que les échos du débat socialiste interne
ont été largement diffusés, et à rendre prudent sur la
cristallisation finale du choix des Français. Parmi les
sympathisants socialistes, le «oui» a progressé chez ceux
qui expriment une intention de vote (69%, + 2 points),
mais si l'on intègre ceux qui ne l'ont pas fait, le score du
«oui» n'est plus que de 47%, contre 21% pour le «non»
et 32% d'abstentionnistes ou de personnes au choix non
formulé.
Le choc des candidatures éventuelles de Jacques
Chirac et de Nicolas Sarkozy à l'élection
présidentielle
Près de la moitié des Français considèrent qu'une
éventuelle candidature de Jacques Chirac en 2007 ne
leur paraîtrait pas justifiée, contre 25% d'un avis inverse,
et 20% ne l'envisageant qu'en situation de crise grave.
Il est frappant de constater la relative homogénéité des
réponses selon la famille partisane considérée. Si 56%
des sympathisants socialistes récusent cette idée, ils sont
aussi 44% des sympathisants UMP. Cette variation n'est
pas plus forte que celle que l'on observe en fonction de
l'âge (36% chez les 18-24 ans, 48% chez les 65 ans et
plus).
Autre signe que Nicolas Sarkozy aborde la longue
séquence 2005-2007 en position de force dans l'opinion,
y compris par rapport au chef de l'Etat, 54% des Français
souhaitent qu'il soit candidat à l'élection présidentielle,
«même si Jacques Chirac se représente pour un nouveau
mandat». Plus préoccupant pour ce dernier, cette opinion
est aujourd'hui partagée par 73% des sympathisants
UMP.
Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion