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Au lendemain du référendum, les attentes des électeurs potentiels du PS sur leur parti et ses leaders




LA CRÉDIBILITÉ DU PARTI
SOCIALISTE

Aux yeux de 49% des électeurs potentiels
du Parti socialiste (c'est à dire ceux qui
déclarent qu'ils pourraient voter pour un
candidat ou une liste issus de ce parti, et
qui sont presque deux fois plus nombreux
actuellement que les seuls sympathisants
du PS), si celui-ci était au pouvoir, il ne
ferait « ni mieux, ni moins bien » que le
gouvernement actuel. Ce résultat est doublement
décevant pour le Parti socialiste,
d'une part parce qu'il signifie une progression
par rapport aux réponses recueillies
auprès de la même population en décembre
dernier (45%), d'autre part parce
qu'entre temps le rejet de la politique gouvernementale
s'est encore accentué.
Parmi les sympathisants socialistes 61%
pensent cependant que le PS ferait mieux
en matière économique et sociale que le
gouvernement actuel.
Globalement, parmi cette population
d'électeurs potentiels du Parti socialiste,
une nette majorité expriment leur confiance
en sa capacité à défendre l'intérêt général
des Français (77% - et 90% parmi les
seuls sympathisants socialistes), les intérêts
des classes moyennes (76%), ceux
des classes populaires (73%) et des exclus
(70%). Sur le point particulier de la
défense des intérêts des classes populaires,
il existe un écart entre les réponses
de ceux qui ont voté « oui » le 29 mai
(81%) et celles des électeurs du « non »
(72%), inexistant lorsque l'on évoque la
capacité du PS a défendre l'intérêt général
ou bien les intérêts des classes moyennes.
L'IMPACT DU 29 MAI
Moins d'une semaine après le référendum,
un électeur potentiel du Parti socialiste sur
deux (et 55% de ses sympathisants) considère
que son issue a renforcé les chances
de victoire d'un candidat socialiste à
l'élection de 2007.
Il existe cependant un net contraste entre
l'optimisme des électeurs du « non »
(57% estiment l'impact du référendum
positif de ce point de vue), et la relative
réserve des électeurs du « oui » (37% y
voient un renforcement, 34% un affaiblissement).
Ce sentiment mitigé est souvent
le fait d'électeurs potentiels du Parti socialiste
qui se disent simultanément proches
d'une formation de la droite parlementaire.
Cette perception plutôt positive du 29 mai
rend partiellement compte du fait qu'une
majorité massive des électeurs potentiels
du Parti socialiste rejette comme erronée
toute idée de sanction infligée par la direction
socialiste contre les responsables
du parti ayant pris position pour le « non
» (71% contre 24%). Cette opinion est
partagée par les sympathisants socialistes
(70% contre 26%) et les électeurs
potentiels du PS ayant voté « oui » (58%
contre 38%).

LE CHOIX DES PERSONNALITÉS

Cette approche presque consensuelle de
l'après-29 mai ne résiste pas à la question
du choix des personnalités, qu'il
s'agisse de la direction du PS ou bien
de l'élection présidentielle.
Dans le premier cas, assorti bien entendu
de l'hypothèse d'un remplacement de
François Hollande, Dominique Strauss-
Kahn s'impose nettement parmi les électeurs
potentiels du Parti socialiste ayant
voté « oui » (39%), exerçant une fonction
de cadre dans le secteur privé (32%) ou
se déclarant proches d'une parti politique
de la droite parlementaire (30%). A l'inverse,
le choix des électeurs potentiels
ayant voté « non » se répartit de manière
plus homogène entre Lionel Jospin (22%)
et Laurent Fabius (20%).
Parmi les seuls sympathisants socialistes,
le choix se porte prioritairement sur Dominique
Strauss-Kahn (25%), devant Lionel Jospin
(23%), Jack Lang (19%) et Laurent Fabius
(13%).
Dans un contexte où le souhait d'un retour
(complet) de Lionel Jospin dans la vie politique
est moins net qu'il y a six mois (54%, au
lieu de 61% en décembre), il demeure celui
que les électeurs potentiels du Parti socialiste
voit comme le mieux à même de rassembler
toute la gauche au second tour de
la présidentielle (31%). Après lui, le contraste
est total entre Dominique Strauss-Kahn, peu
apprécié chez les sympathisants d'autres
formations politiques de gauche, mais réalisant
23% chez les électeurs potentiels du PS
sympathisants d'une formation de droite ou
de centre-droit, et Laurent Fabius, choisi par
18% des sympathisants du PC ou de l'extrême-
gauche, au lieu de 12% parmi ceux
du Parti socialiste.
Au final,
Les électeurs potentiels du Parti socialiste
n'intentent pas du tout au PS, ce qui est bien
naturel, un procès en trahison des classes
populaires ou des exclus, mais apparaissent
souvent sceptiques quant à son aptitude
à initier une politique économique et
sociale meilleure que celle, éminemment
décriée, menée actuellement.
Dans le même temps, ils refusent l'idée
d'une sanction interne des responsables
socialistes ayant appelé à voter « non » -
ce qui a été le 29 mai le choix d'une majorité
des sympathisants comme des électeurs
potentiels du PS - d'autant plus qu'ils
jugent que le rejet du traité constitutionnel
a plutôt renforcé les chances du futur candidat
socialiste à l'élection présidentiel.
Les électeurs du « oui », minoritaires, manifestent
une plus grande cohésion que ceux
du « non », en portant nettement leur préférence
sur Dominique Strauss-Kahn tout en
rejetant massivement Laurent Fabius, lequel
ne bénéficie pas d'un soutien aussi
marqué parmi les électeurs du « non ».
C'est entre ces deux personnalités que
s'opère un début de polarisation parmi les
électeurs potentiels du Parti socialiste, phénomène
politique encore partiellement masqué
par la forte image de Lionel Jospin.

Jérôme Sainte-Marie
Directeur de BVA Opinion




Sondage réalisé :
  • . du 03 juin 2005 au 04 juin 2005

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