Le Développement Durable constitue-t-il un nouveau secteur à part entière ?
Le Développement Durable modifie les pratiques de consommation et impose de nouvelles contraintes aux produits et services. Ce phénomène a une incidence pour les entreprises sur leurs critères de conception et modifie les critères d'évaluation traditionnels des consommateurs (prix, performance, fiabilité,…).
Tous les secteurs d’activités ou métiers sont impactés, ce qui se traduit par des modifications dans la conception, la distribution et la consommation des produits et services : on va ainsi parler d’éco-mobilité, d’efficacité énergétique, de tourisme responsable, d’éco-quartiers, d’éco-produits ou services,…
Ces changements sont suscités à la fois par des évolutions dans la réglementation mais aussi par la montée en puissance de nouveaux besoins ou attentes de la population.
Ce sont autant d’accélérateurs dans la course à l’innovation : opportunité quand il s'agit de concevoir des produits ou services répondant aux nouvelles règles et permettant d’obtenir un avantage concurrentiel certain; menace à travers les risques potentiels d’exclusion du marché ou de marginalisation !
Au final, la montée en puissance des enjeux environnementaux ou sociaux associés au Développement Durable constitue donc un facteur de bouleversement des mentalités et pratiques transversal à l’ensemble de l’économie... Au même titre que la révolution numérique ! Un aspect qu'aucune entreprise ne peut négliger aujourd'hui....
Quelles sont les spécificités sur ce marché?
Le caractère moral, éthique, politique voire émotionnel associé au Développement Durable, renforce le niveau d’exigence mais aussi de méfiance vis-à-vis des engagements déclarés par les marques.
Pour une entreprise, la crédibilité ne s’acquiert alors qu’à partir du moment où les engagements mis en avant et les bénéfices associés peuvent être prouvés et quantifiés par des indicateurs fiables et reconnus.
La logique de la « preuve » apparait donc comme une marque de fabrique permettant d’éviter l’écueil du « green washing » susceptible d’être contre-productif pour une entreprise en termes d’efficacité ou d’image.
Dans ce cadre, une multitude de labels ou de services portés par des bureaux de contrôle ont vu le jour pour guider et rassurer les consommateurs.
De même, de nombreuses entreprises, dans la lignée du Grenelle de l’Environnement se lancent dans la mise en place de partenariats ou actions conjointes avec des associations environnementales ou sociales pour crédibiliser leur engagement environnemental.
Que peut-on attendre des études dans ce contexte ?
Les études permettent aux entreprises non seulement de valider l'opportunité pour elles de s'engager dans une politique de développement durable, mais également d’acquérir des clés pour réussir la mise en place de leur nouvelle démarche.
Nous observons en effet couramment, auprès des personnes interrogées, des phénomènes de survalorisation de leur sensibilité au Développement Durable
Pour contourner ce phénomène, BVA a développé une approche qui mesure l’engagement environnemental de la population en croisant les sensibilités et les pratiques ou équipements, et qui permet de relativiser les phénomènes d’overclaiming sur ce sujet. Ce filtre permet ainsi de d'isoler l'influence" réelle", et non simplement déclarée, des promesses environnementales sur les intentions d'achat du produit ou souscription de l'offre, et d'adapter ainsi le marketing et la communication en termes de ciblage et d'argumentation.
L'expérience accumulée par l'institut apparait comme fondamentale. Elle permet de s'appuyer sur la diversité et la multiplicité des cas pratiques analysés pour décrypter de façon fiable les enjeux associés aux engagements environnementaux envisagés par les entreprises.